Nous nous sommes vu confierpar un client des plus fidèles (3e projet) une superbe coque vide en Bourgogne, dans les environs de Gevrey-Chambertin. Une demeure magique, un édifice redoutable de poésie, un terrain de jeux que nous souhaiterions avoir tous les jours!
Vous dire que ce fut une partie de plaisir serait le plus gros mensonge de l’année. Le client souhaitait dans un premier travailler avec des entreprises locales, bourguignonnes, selon lui moins coûteuses que les entreprises parisiennes.
Première erreur. Une entreprise locale dans une région assez riche peut établir des prix plus élevés faute de concurrence. Nous avons donc été appelé pour une mission de maîtrise d’oeuvre non anticipée à l’origine et refaire un appel d’offre avec des entreprises d’Ile de France susceptibles de loger à proximité du site pendant le déroulement du chantier.
Un projet de cette envergure – 550m² à réhabiliter – est une réelle gageure: elle nécessite des visites presque quotidiennes lors des phases critiques. Ce n’est donc pas un projet « simple » et il faut une personne investie, engagée, résiliente, motivée, impliquée, autonome (et sarthoise…): Hélène EVRARD. J’ai la chance d’avoir une équipe dont je suis très fier, qui me fait confiance (du moins je l’espère) et qui peut difficilement me démontrer plus d’implication. Hélène a pris le pli de mettre sa vie parisienne entre parenthèses pour s’installer pendant 2 ans à Dijon, exclusivement en télétravail, afin de gérer de manière totalement autonome ce projet.
Vous dire que cela a été facile sera le second plus gros mensonge de cet article: entreprise TCE complaisante mais pas dimensionnée pour un projet de cette ampleur, ouvriers misogynes, barrière de la langue, patron totalement perdu, brouillon, commandes non effectuées… Je me demande encore comment Hélène a pu survivre à ce chantier. Les difficultés sont inhérentes à tout chantier: c’est pour cela que nous payez concrètement. Si les travaux sont une partie de plaisir, nous ne gagnerions pas notre vie.
Pour autant, avoir vu ma cheffe de projet accablée par tant de mauvaise foi, d’inepties, de retard et tenir bon, ne plus en dormir, pleurer parfois, nous maudire souvent d’avoir accepté ce projet et proposé cette entreprise (sur les 14 entreprises intervenantes), requestionne forcément la mission de maîtrise d’oeuvre.
Et puis il y a la fin. La toute fin: celle où le client a emménagé. Pas celle où il ronchonne sur des listes de réserves longue et délicate, mais celle où le client nous reçoit en fin de journée (pour une expertise suite à une fuite, donc pas le moment le plus apaisé de la relation client/maître d’oeuvre),ouvre une bouteille de Gevrey-Chambertin, nous convie autour de son brasero et nous sourit.
En fait, il y a 2 fins. La seconde, c’est celle que nous vous soumettons aujourd’hui: les photos de cette superbe réalisation.
Crédit Photographe ©Arnaud Rinuccini








































